Jeanne, réceptionniste dans une agence de voyage, collectionne les amants. Un jour elle tombe sur Olivier dans le métro et c’est le coup de foudre. Mais leur amour se retrouve assombri par le grand mal de la décennie : le sida.
"En 1997, il y avait une urgence à réaliser Jeanne et le garçon formidable, l’urgence de faire un
premier film, ou simplement un film, avant qu’il ne soit trop tard, l’urgence de témoigner à notre
manière du drame du sida que nous venions de vivre avant que tout le monde ne tourne la page. On a 35 ans, on ne se projette pas à l’horizon lointain et un peu terrifiant de nos 60 ans. Les deux décennies qui venaient de s’écouler ne nous encourageaient guère à le faire. Et Jeanne pourtant nous a accompagnés et soutenus pendant toutes ces années, jamais complètement oublié, mais s’effaçant un peu au rythme de la dégradation des quelques copies 35mm restantes. Puis il y a eu sa restauration et maintenant son retour en salles.
La fébrilité qui l’anime est-elle encore sensible aujourd’hui ? Quelle empreinte a laissé cette urgence
un peu tragique qui nous habitait ? Que pourront bien y voir les spectateurs d’aujourd’hui ? Notre
espoir c’est que leurs regards redonnent à Jeanne une actualité, que chacun y lisent, par delà le témoignage, quelque chose de soi et de sa propre modernité. À l’époque, nous avons voulu que Jeanne soit un hymne joyeux et triste à la jeunesse, à la sexualité et à l’amour, contre les représentations du sida souvent complaisamment morbides qu’on avait pu lire ou voir ; peut-être est-ce cela qui aura survécu au passage du temps ?"
Olivier Ducastel et Jacques Martineau
Rendons grâce au tandem Ducastel/Martineau d’avoir ramené au cinéma cette joie fêlée, cet élan de la comédie musicale dont le secret n’est plus perdu.
Les Cahiers du Cinéma
Les numéros, chansons, danses s’enchaînent avec une évidence, une joie, une impudeur très toniques qui emportent l’enthousiasme du spectateur, toujours en équilibre entre sensualité et gravité.
Les Inrockuptibles
La plus belle réussite des deux auteurs, c’est elle. Cette Jeanne, qu’interprète magnifiquement Virginie Ledoyen. Elle a cette force éclatante, irrésistible, cette légèreté qui se fout de tout, sinon d’exister. Elle traverse en état de grâce une histoire en équilibre fragile entre la comédie grave et la tragédie optimiste. Télérama