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Sayat Nova, la couleur de la grenade
Union Sovietique | 1969 | 01h19
Réalisation : Serguei Paradjanov
Avec : Sofiko Chiaureli, Melkon Alekyan, Vilen Galstyan
Version restaurée
C'est l'histoire d'Haroutioun ("résurrection" en arménien), un fils de tisserand qui devient un Achoug (mi-troubadour, mi-sage) célébré et connu dans toute l'Arménie sous le nom de Sayat Nova. C'est à travers une série de tableaux l'évocation des grands moments de sa vie : son enfance, sa découverte des arts, son amour pour la princesse Anna, son retrait au couvent de Haghbad et enfin son assassinat par les cavaliers turcs qui fondent sur le Caucase.

Sayat Nova n’est ni une biographie, ni une tapisserie vivante, comme on pourrait le croire, mais probablement le plus grand film jamais réalisé sur ce phénomène sacré qu’est l’inspiration artistique, faculté par laquelle le poète s’imprègne des mille matières du monde pour les restituer dans une vision qui les sublime et n’appartient qu’à lui.

Mathieu Macheret, Le Monde.

En 1924, quand il naît à Tbilissi (Géorgie) de parents arméniens, il s’appelle Sarkis Paradjanian. En 1965, sous le nom de Sergueï Paradjanov, il devient célèbre avec un seul film, Les Chevaux de feu. Le 17 décembre 1973, quand il est arrêté par les autorités soviétiques, il devient pour tous « l’affaire Paradjanov ». Camp de régime sévère (à Dniepropetrovsk) : on le sait vulnérable, malade, menacé de cécité, on le dit suicidé, on le croit mort. A l’Ouest, il se forme des « comités Paradjanov ». Au seuil des années 80, on finit par apprendre qu’il a été libéré. Paradjanov est, pour les autorités de son pays, un ex-cinéaste, statut qui le condamne à la semi-mendicité du « parasite social ». Peu à peu Paradjanov est donc devenu personne. L’un des cinéastes soviétiques les plus doués de sa génération (celle de Tarkovski et de losseliani) est ici une « cause noble » et là-bas un « ex-cinéaste ». L’oubli menace. On oublie qu’il s’agit aussi d’un cinéaste, auteur plus que complet (peintre, poète, musicien, metteur en scène) de ses films. […] Les crimes de Paradjanov ? Ils sont innombrables. « Trafic d’icônes et d’objets d’art », « trafic de devises », « homosexualité », « propagation de maladies vénériennes », « incitation au suicide ». Je n’invente rien. Paradjanov aime les belles choses, les œuvres d’art, c’est un expert : crime. Il sait les disposer devant une caméra de façon à ce que cette beauté devienne fulgurante : crime. Paradjanov est le moins « russe » des cinéastes : il a longtemps travaillé à Kiev sur des films en langue ukrainienne et Sayat Nova se situe à la croisée de l’histoire de la Géorgie et de l’Arménie : crime. Son cinéma n’a rien à voir avec la production « folklorique » des provinces soviétiques, destinées aux foires-festivals. C’est un cinéma qui ignore superbement (c’est le cas de le dire) le reste et la capitale de ce reste, Moscou et l’art pompier grand-russien : crime. L’auteur de Sayat Nova est bien Paradjanian.

Serge Daney.
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